1893, Saint-Gaudens (France) - 1951
Guillaume Pujolle travaille dès son adolescence dans l’atelier de son père, ébéniste, joueur endetté, mort à l’âge de cinquante-cinq ans. En 1924, il se marie, s’installe à Metz et travaille aux Douanes. Tyran domestique, obsédé de l’ordre, jaloux maladif, il terrorise sa femme. En 1926, il tente de se trancher la gorge avec un canif. Hospitalisé, il souhaite dans son délire la mort de son épouse qui, pense-t-il, le trompe, et à qui il prête une fille qui le poursuit et l’espionne.
Sorti de l’hôpital et à nouveau sous l’emprise d’hallucinations, il menace encore de la tuer et de se suicider. Il est alors définitivement interné. Sa femme,qui refuse de l’abandonner, est autorisée à travailler comme infirmière à l’asile.
On situe ses premiers dessins en 1935, il a alors quarante-deux ans. Il trouve l’inspiration dans les journaux, à partir d’images qu’il découpe. Il utilise le compas, la règle et des pinceaux fabriqués avec ses propres mèches de cheveux. Les œuvres sont à l’encre ou au crayon, mais Pujolle se sert également de produits pharmaceutiques : teinture d’iode, Mercurochrome, etc.
Son monde fantastique est dominé par des mouvements tourbillonnants ; peuplé d’oiseaux de nuit et de personnages étranges, la menace y est omniprésente. Il y règne une sensualité tactile, un érotisme diffus qui ne s’appuie, pourtant, sur aucune représentation explicitement sexuelle.
VOIR AUSSI : Publications de la Compagnie de l’Art Brut, fascicule 4, Paris, 1965.